Vendredi 12 décembre 2008
Imaginez un château niché dans les douces collines du Tarn. Nous sommes au XVIIème siècle. Dans ce château isolé et loin de la vie de cour vit une gente
Dame qui écrit de la poésie et des romans. Elle a trente quatre ans et vient de perdre son époux. Elle est encore jeune et d'une grande beauté.
Cependant elle va prendre une terrible décision, celle désormais de se consacrer exclusivement à
l'écriture et à l'éducation de ses enfants mettant là un point final à sa vie sentimentale.
A travers son oeuvre elle conciliera à merveille son idéal d'écrivain et de penseuse avec l'évoquation de son cher pays tarnais.
Elle rédigera le fameux roman "La comtesse D'Issembourg" moins connu de nos jours mais qui cependant dans le passé, rencontra un succès identique au célèbre " Princesse de
Clèves". En effet Mmes de Lafayette et de Sévigné étaient ses contemporaines.
Imaginez un peu que bien que son château soit perdu en plein milieu de l'Occitanie, elle y ouvrira un salon voué à la science, à la littérature et aux arts qu'elle appellera
"L'Académie de Bonne Foi".
Puis dans la continuité en 1704 elle formera une société littéraire dont les membres se réuniront une fois par semaine toujours dans le dit château et qu'elle nommera "La société
des chevaliers et chevalières de la Bonne Foi".
Le premier statut de cette compagnie est le suivant :
"Une amitié tendre et sincère,
Plus douce mille fois que l'amoureuse loi,
Doit être le lien, l'aimable caractère
Des Chevaliers de Bonne Foi." C'est beau n'est-ce pas?
Cette grande Dame s'appelait Antoinette de Salvan de Saliès. Elle nacquit à Albi en 1638 et mourrut dans la même ville en 1730 à l'âge de 92 ans respectée et reconnue comme grande auteure.
Elle se surnommait elle-même "La pauvre muse albigeoise" car elle était modeste et c'était loin d'être la moindre de ses qualités ...
En tant qu'albigeoise de coeur je suis heureuse aujourd'hui de lui rendre ce modeste hommage.Cat