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Samedi 17 janvier 2009

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Par CAT
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Vendredi 2 janvier 2009
Cet article un peu long ne s'adresse qu'aux âmes romantiques. Esprits cartésiens et terre à terre passez votre chemin...

Voici une nouvelle rubrique concernant les mystères de Toulouse.
Affiche du film "L'Occitanienne"

LE DERNIER AMOUR DE CHATEAUBRIAND

Et pour commencer, l' histoire secrète d'un dernier amour dont l'un des protagonistes n'est autre que l'illustre Chateaubriand. 

Elle s'appelait Léontine de Villeneuve, Comtesse de Castelbajac et appartenait à une vieille famille aristocrate tarnaise. C'était une jeune fille romantique et elle entama en 1827 une correspondance d'une centaine de lettres ( correspondance qui durera 20 ans jusqu'à la mort de l'écrivain) avec le non moins romantique Chateaubriand qu'elle finira par rencontrer en "prenant les eaux" à Cauterets. Léontine est alors âgée de 24 ans(et non pas 16 comme l'affirme Chat. dans son texte). Chateaubriand lui en a 59. Selon les sources médiatiques de l'époque,elle ne le rencontrera que trois fois dans sa vie.

Voici comment débute la première lettre de Léontine à Chateaubriand :


« J’ai lu, j’ai admiré, j’ai relu encore

et peu à peu chacune de vos pênsées

m’est devenue familière(...) tout m’a

parlé de vous, tout m’a ramené à

vous...»



Le mystère plane concernant la réalité de leur liaison épistolaire.

Dans ses "Mémoires d'outre-tombe" l'écrivain libère très peu d'informations... Il la nommera
l'"Occitanienne*" sans plus de détails. C'est le texte qui suit, qui à l'époque déchaina les passions.

Voici le fameux extrait des Mémoires d'outre-tombe par lequel le scandale est arrivé :


"Voilà qu'en poétisant, je rencontrai une jeune femme assise au bord du Gave : elle se leva et vint droit vers moi ; elle savait par la rumeur que j'étais à Cauterets. Il se trouva que l'inconnue était une Occitanienne, qui m'écrivait depuis deux ans sans que je l'eusse jamais vue : la mystérieuse anonyme se dévoila ; patuit Dea.

J'allais rendre ma visite respectueuse à la Naïade du torrent. Un soir qu'elle m'accompagnait lorsque je me retirais, elle me voulut suivre ; je fus obligé de la reporter chez elle dans mes bras. Jamais je n'ai été si honteux : inspirer une sorte d'attachement à mon âge me semblait une véritable dérision ; plus je pouvais être flatté de cette bizarrerie, plus j'en étais humilié, la prenant avec raison pour une moquerie. Je me serais volontiers caché de vergogne parmi les ours nos voisins… la brise, la montage a bientôt emporté ce caprice d'une fleur ; la spirituelle, déterminée et charmante étrangère de seize ans m'a su gré de m'être rendu justice : elle est mariée."


Léontine se sentira déshonorée par ces allusions, parce que mariée à un magistrat toulousain et ne cessera de clâmer sa conduite vertueuse et sa liaison purement littéraire avec l'auteur.
Elle enfermera alors toutes les lettres dans un coffret destiné à n'être ouvert par ses descendants que si la question de l'Occitanienne revenait sur le tapis. En 1923 un érudit toulousain va confirmer la rumeur. La petite fille de Léontine va alors réaliser les dernières volontés de sa grand-mère en publiant 75 lettres sous forme de  roman épistolaire "Le roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand"  . Elle y affirme que sa passion était purement intellectuelle. 
Nous n'aurons sans doute jamais le fin mot de l'histoire...et puis peu importe après tout!

L'année dernière, Jean Périssé un metteur en scène français a eu l'idée de réaliser son premier long-métrage en filmant cette histoire(un rêve d'enfant)). Canal + devait financer le film à condition d'imposer des acteurs pour les rôles principaux. Mais le réalisateur avait déjà fait son choix, une jeune inconnue Valentine Teisseire face à Bernard Lecoq,  éternel second rôle du petit écran qui verrait peut-être là la consécration de son talent évident. Canal+ s'est alors désengagé. Et le metteur en scène a décidé de poursuivre contre vents et marées.
Le résultat est que ce film hors circuit est un pur chef-d'oeuvre d'émotion et d'esthétisme mais qui n'est passé dans aucune grande salle...!
 
Je trouve celà vraiment triste et synonyme  de notre déculturation progressive...

Pour tout savoir sur le film c'est ici :
www.occitanienne.com 
Une fois que vous êtes sur le site du film je vous conseille d'aller au making-of ci après, vous y verrez un émouvant reportage concernant les raisons qui ont poussé J Périssié à faire ce film là  :
http://wwwtoutlecine.com/film/videos/0038/00380872/00011955-making-of-l-occitanienne.html

*occitanienne: les linguistes considèrent que c'est une hérésie de nos jours d'employer les mots "occitan" et "occitanne" termes qui n'ont jamais été employés par le passé. Les termes exacts étant occitanien et occitanienne, peut-être moins jolis à l'oreille mais purement d'époque!



Par CAT - Publié dans : Les mystères de la ville rose
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Vendredi 12 décembre 2008
Imaginez un château niché dans les douces collines du Tarn. Nous sommes au XVIIème siècle. Dans ce château isolé et loin de la vie de cour vit une gente Dame qui écrit de la poésie et des romans. Elle a trente quatre ans et vient de perdre son époux. Elle est encore jeune et d'une grande beauté. Cependant elle va prendre une terrible décision, celle désormais de se consacrer exclusivement à l'écriture et à l'éducation de ses enfants mettant là un point final à sa vie sentimentale.
A travers son oeuvre elle conciliera à merveille son idéal d'écrivain et de penseuse avec l'évoquation de son cher pays tarnais.
Elle rédigera le fameux roman "La comtesse D'Issembourg" moins connu de nos jours mais qui cependant dans le passé, rencontra un succès identique au célèbre " Princesse de Clèves". En effet Mmes de Lafayette et de Sévigné étaient ses contemporaines.
Imaginez un peu que bien que son château soit perdu en plein milieu de l'Occitanie, elle y ouvrira un salon voué à la science, à la littérature et aux arts qu'elle appellera
"L'Académie de Bonne Foi".
Puis dans la continuité  en 1704 elle formera une société littéraire dont les membres se réuniront une fois par semaine toujours dans le dit château et qu'elle nommera "La société des chevaliers et chevalières de la Bonne Foi".
Le premier statut de cette compagnie est le suivant :

"Une amitié tendre et sincère,
  Plus douce mille fois que l'amoureuse loi,
  Doit être le lien, l'aimable caractère
   Des Chevaliers de Bonne Foi."
         C'est beau n'est-ce pas?

Cette grande Dame s'appelait Antoinette de Salvan de Saliès. Elle nacquit à Albi en 1638 et mourrut dans la même ville en 1730 à l'âge de 92 ans respectée et reconnue comme grande auteure.
Elle se surnommait elle-même "La pauvre muse albigeoise" car elle était modeste et c'était loin d'être la moindre de ses qualités ...
                                                              
En tant qu'albigeoise de coeur je suis heureuse aujourd'hui de lui rendre ce modeste hommage.Cat


Par CAT - Publié dans : Les salonnières célèbres
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Mercredi 3 décembre 2008

Image du film Barry Lindon

Pourquoi avoir choisi cette image pour illustrer mon article du jour?
Tout simplement parce que ce film restitue parfaitement l'éclairage inhérent à une scène se déroulant au XVIIème siècle. Pour ce film Kubrick a supprimé  tous les spots habituellement utilisés sur un tournage. Au lieu de celà des milliers de bougies sur des chandeliers...

 

Ainsi vous imaginerez aisément l'ambiance qui pouvait régner dans la pièce "bleue" de Catherine de Rambouillet.

Catherine de Rabouillet née C. de Vivonne était une princesse mi-italienne par sa mère et mi-française par son père née à Rome en 1588 et morte le 2 décembre (je rédige cet article le 2 décembre...) 1665 à Paris.
Très tôt la jeune femme va se montrer passionnée par les arts, les lettres, l'histoire et les langues.
Son imagination ne connait pas de limites. Elle est d'une nature secrète, passionnée et généreuse. Grâce à sa fibre romanesque et à son sens de l'amitié elle inventera un art de vivre qui s'épanouira jusque dans le siècle suivant.

De santé fragile et ulcérée par les intrigues incessantes à la cour de Louis XIII, elle décide de créer le premier salon littéraire dans son hôtel particulier sur lequel elle va rayonner trentes années durant . Ce salon avait la particularité d'être fréquenté, car elle y tenait, par un nombre important de femmes, les salons qui suivirent étant toujours initiés par des femmes mais fréquentés essentiellement par des hommes.
Le lieu d'abord, mythique. Un hôtel particulier en plein Paris à la place du Palais Royal actuel.
Imaginez à présent la pièce dans laquelle Catherine recevait ses invités. L'ameublement était paré de veloursbleu réhaussé d'or et d'argent. D'où le nom de "Chambre bleue"; sur les meubles des vases en cristal remplis de fleurs sophistiquées. Ca et là brûlaient des parfums rares. Tout un décor somptueux où la splendeur le disputait au raffinement le plus extrème.

A présent un petit aperçu des personnages célèbres, pour ne citer qu'eux, qui illustrèrent de leur présence La chambre bleue.
François de Malherbe qui inventera le surnom de son hôtesse , "Arthenice" (anagramme de Catherine), certains appelleront celà un sobriquet...
Pierre Corneille
Mme de sévigné
Madeleine de Scudéry avec laquelle elle créa la fameuse "Carte de tendre"
Le poète Godeau avec qui elle entretint une correspondance
Mme de Lafayette
Elle encouragera même les débuts du jeune Bossuet.
Des bals masqués organisés par Catherine se dérouleront également dans l'hôtel de Rambouillet.
Molière dont les membres de La chambre bleue étaient les protecteurs s'en inspirera pour créer "Les précieuses ridicules". Il est vrai que ce salon à force de raffinement trop poussé de la part de certains de ses "acteurs" finit par verser dans la préciosité et de là, déclina peu à peu pour sombrer dans l'oubli. Les épisodes de vie fortement endeuillés de Catherine sont sans doute aussi pour quelquechose dans les raisons de ce déclin.
Et pourtant   il faut reconnaître l'influence positive de ce salon sur la langue  et la littérature  de l'époque. En effet ce cénacle aura joué un rôle important dans l'évolution du vocabulaire français. Exemple, ils substituèrent au "rondeau" (poésie moyenâgeuse à deux rimes) la métaphore et l'énigme diversifiant ainsi les formes de poésie.

Voilà j'espère que l'histoire de la première salonnière connue aura su retenir tout votre intérêt.

Par CAT - Publié dans : Les salonnières célèbres
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